Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 14:45

Un reportage de JC.

Témoignage d’Arouna Traoré, porte-parole des salariés de Plus-Net, à la sortie de la Préfecture :


« Nous occupons les locaux de l’entreprise depuis 361 jours aujourd’hui, jour de l’obtention de nos titres provisoires de séjour en France. La lutte a commencé le 21 octobre 2008 et nous sommes le 16 octobre 2009. Pour obtenir les papiers, la signature du patron était indispensable. Enfin, il a fini par signer ce document, le 31 août, un document  qui nous rend notre dignité. Car notre combat, c’était cela, le combat pour la dignité. Nous ne voulons pas voler. Nous voulons pouvoir travailler, même 350 heures par mois, même si au bout du compte, nous ne gagnons que 1000 euros par mois. Les Montreuillois et les Montreuilloises nous ont soutenus parce qu’ils  étaient choqués par ce qui nous est arrivé. Vous les entendez rire ? Nous sortons tout juste de la Préfecture… Aujourd’hui est un grand jour. Vous savez, nos femmes sont restées au pays. Certains d’entre nous ne les ont pas revues, ni leurs enfants, depuis neuf ans maintenant. L’obtention des papiers va tout changer, pour le travail, pour revoir nos familles. Nous sommes si fiers de nous être battus et de voir que la lutte a payé… »

 

Jean-Pierre Brard : « Aujourd’hui, vendredi 16 octobre, à 15 heures, vingt-deux des vingt-trois salariés de l’entreprise de nettoyage  Plus-Net Cleanhouse ont reçu le récépissé pour l’obtention de leur titre de séjour, sur la base du fait qu’ils avaient un métier et qu’ils vont obtenir des promesses d’embauche de métiers dits en tension. Pour arriver à ce résultat, il a fallu que les ouvriers de Plus Net tiennent le combat dans la durée. Il a aussi fallu multiplier les démarches en direction de la Préfecture, du patron, du donneur d’ordre. Il y un an, à peu près à la même époque, l’affaire Griallet se résolvait.  Le contexte était différent car nous étions alors dans la mise en cause du code du travail et du code de la santé puisque le patron, qui employait des salariés sans-papiers, les avait en plus exposés au contact avec l’amiante. Mais dans les deux cas, il y a eu victoire parce qu’il y a eu détermination et rapport de force. Sans la solidarité du Parti de Gauche, du Parti communiste, de la CGT, du Comité des Citoyens, de militants socialistes et de la population qui a donné du temps et de l’argent, la victoire n’aurait pas été possible. Dès le début de la bataille, je suis intervenu auprès du gouvernement et des divers interlocuteurs. Lors d’une question orale à l’Assemblée nationale, les salariés ont tenu une conférence de presse. C’est la construction de ce cheminement en commun qui a permis la victoire. Mais je le répète, sans la détermination des salariés, sans l’engagement total de la CGT, sans la définition en commun d’objectifs clairs, mes efforts auraient été vains et le rapport de force n’aurait pas été le même. »

 

- Publié dans : Tribunes
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